jeudi 12 mars 2009

Encore une histoire de fées

Je vous avais montré il y a quelques messages de cela une petite fée, avec son petit chat... Elle fait partie d'un ensemble de cinq fées.

Voici celle avec sa licorne.

Les compagnons des autres fées sont une girafe, un oiseau et un ours.

De ces cinq fées, j'ai fait cinq cartes, toutes disponibles dans ma boutique Etsy.

Et un mobile attrape-rêves, pour les chambres des petites filles, disponible lui aussi sur Etsy.

mercredi 11 mars 2009

Ptite hist. ch. illus.

Pour une fois, j'aimerai passer de l'autre côté du miroir...

Voici une histoire que j'ai écrite, en reprenant la forme du lai, une vieille forme médiévale que j'apprécie. C'est l'histoire de l'Armance, une petite rivière insouciante.

Dites-moi ce que vous en pensez et si jamais un illustrateur souhaite s'en emparer, qu'il n'héiste pas à me contacter :)

Le lai de l’Armance

L’été finissait dans une ultime floraison,
dans les blés jaunes ; les coquelicots flamboyants affichaient leur robe pourpre
comme pour un soir de première ;
les tournesols,
timides,
baissaient la tête, leur gros œil rond et noir tourné vers le sol.

L’on sentait déjà les vents de l’automne,
la promesse des feuilles rousses,
et des arbres nus,
agitant dans l’éther leurs longues branches décharnées,
comme des pales de moulins percées par quelque Don Quichotte.
Quelques fleurs désespéraient,
jaunes et pâles,
et se préparaient à mener lutte ;
tout un peuple, magnifique,
de bruyères, de mousses et de champignons sortait lentement de l’humus,
de l’ombre où les avait laissé un été trop radieux

L’automne,
l’automne arrivait, suivi de sa cohorte,
et au fond des vallons dans les forêts profondes l’on s’affairait.
Les lutins les farfadets chassaient les noisettes
pour en emplir leurs greniers.
La cigale ayant chanté tout l’été
était déjà partie
en Amérique du Sud pour une tournée de gala
et…

Mais quel est ce bruit ?
Ce doux chant, ce babil léger ?
C’est celui de l’Armance,
jeune rivière heureuse de couler, grosse déjà des pluies à venir,
insouciante,
tourbillonnante.

L’automne se préparait, fourbissant ses pluies, ses vents,
affûtait les épines de ses cosses,
recomptait dans sa boîte de couleurs
les ocres, les safrans, les sanguines, les ors
et les bruns de la touche finale.

L’Armance coulait
et vint à passer sous les fenêtres de la fée de l’été.
Celle-ci était fort blette,
après avoir régné sans partage,
commandé au soleil de darder ses chauds rayons sur les paysages desséchés,
après avoir jauni les blés, bruni les feuilles
et veillé aux amourettes dans les bottes de foin,
voici que son temps était désormais compté
et elle s’apprêtait
fouillant ses armoires à la recherche de ses gros pulls
à vivre vie de recluse.

Quand l’Armance passa,
précédée de son chant léger et doux,
la fée Bikini
car tel était le nom de la fée de l’été,
à ce bruit de jeunesse, à ce chant de l’espoir
tressaillit,
s’empourpra
comme si l’automne déjà était passé sur elle,
s’énerva,
et, le chant persistant,
s’emporta.

Qu’est-ce cette gueuse ? Venir se moquer
de moi, la fée de l’été,
faire retentir sous les fenêtres de ma demeure
mon oraison !
Venir chez moi rire de ma défaite !
Qu’est-ce cette insouciante, cette présomptueuse ?
Voilà qui mérite châtiment !
L’on ne se gausse pas impunément de la fée de l’été.
Et disant cela, ses mains se tordaient, ses yeux s’enflammaient ;
elle était colère la fée Bikini,
rejetant les causes de sa disgrâce,
sur cette jeune rivière qui ne faisait que passer.

Et l’Armance coulait son flot,
faisant ci et là de petits tourbillons pour amuser les poissons,
saluant au passage écureuils, lutins, cerfs, farfadets.
Elle chantait contre les pierres,
s’essayait à tous les flux,
heureuse d’éprouver sa jeune force,
tressant un cours tortueux au fond de son vallon,
promesse de la vallée,
secouait le sable,
impétueuse et insouciante.

La fée bikini enrageait, s’étranglait,
s’échauffait,
montait plan de bataille,
pour abattre, assécher sa rivale.
Il me faut des alliés, se dit-elle.
Et elle ouvrit son carnet d’adresses.

Qui appeler ?
Le seigneur des saisons, le Soleil tout-puissant ;
lui rappeler sa vieille antienne :
faire triompher
l’été
une fois pour toute
faire du monde un Sahara.

Qui appeler ?
La Loire, la Seine, le Rhône, la Garonne, flots seigneuriaux,
les enjoindre de se méfier
de cette rivale,
jeune faible encore mais riche d’une force à venir,
engoncée dans un vallon qu’elle pourrait un jour déborder.

Qui appeler ?
Quelques tenants d’un fief local, la Saône, le Var,
le Loir et le Cher,
la Dordogne.

Et la plèbe de l’eau : ruisseaux, oueds, ruisselets, gaves, torrents,
ces affluents envieux,
faire miroiter aux flots des profondeurs :
avens, bétoires,
qui hantent les gouffres et abritent de pâles animaux sans yeux
une place au Soleil.

Qui appeler ?
La fée du printemps, la fée Efflorescente,
diaphane et cruelle.

Ce serait prétexte
pour abattre, enfin, la fée de l’hiver, la fée Bouledeneige
et la sorcière de l’automne, la sorcière Cassenoisettes,
faire d’une pierre trois coups.

Elle envoya ses émissaires
porter messages au Soleil, aux seigneurs,
à leurs vassaux et leurs peuples ;
elle savait flatter les bas instincts, faire jouer les rivalités
elle savait intimider et corrompre.
Elle eut vite réuni ses alliés.
Le soleil vit là une occasion de triomphe : envoyer la lune en exil autour de quelque saturne
rejoindre d’autres proscrites,
se trouver sans rival dans un ciel immaculé et toujours
lumineux.
Les puissants fleuves voulaient écarter l’impétrante :
on ne sait pas de quoi demain est fait, disaient-ils.
Les autres, par couardise, par jalousie,
par peur de la jeunesse,
par peur de voir le monde ébranlé
désirant que celui de demain soit celui du passé,
satisfaits de l’immobilité,
béats et suiveurs
s’agrégèrent à la foule déjà nombreuse des alliés.

L’Armance,
ignorante de ce qui se tramait,
trop jeune, trop insouciante pour même y songer,
continuait son cours heureux.
Une armée marchait pourtant sur elle,
flots tempétueux pleins de rancœur,
d’autant plus farouches que l’ennemi était faible ;
à sa tête, le seigneur tout-puissant des cieux
accompagné de la fée Bikini.

Dans le ciel, la lune inquiète, sur cette scène, dardait un œil exsangue.

Une armée marchait sur elle,
et l’Armance tourbillonnait,
claire, lumineuse et fraîche.

Dans le ciel, la lune anxieuse voyait avancer cette armée,
dans le bruit, la fureur, la poussière ;
la lune effrayée d’une lutte si inégale,
se grattait la tête, il faut faire quelque chose,
c’est aussi mon avenir qui se joue là ;
il nous faut nous défendre
ou se retirer dans quelque couvent du ciel
et pleurer pour l’éternité des larmes amères ;
il nous faut nous défendre pour continuer à briller sur les nuits et les nuits
jusqu’à la nuit des temps.
Il me faut aider cette petite.
Sur qui compter ?
L’armée levée par la fée Bikini avançait dans un bruit de tonnerre
rutilante, pleine de lumière,
aveuglante, aveuglée ;
le sol tremblait.

Et l’Armance creusait son vallon, s’amusant des fleurs de ses rives
toutes écloses comme un hommage
de la beauté à la jeunesse,
jouant avec les castors.
Les elfes et les écureuils la saluaient
et elle riait,
et elle passait,
rapide, légère, forte.

La lune
au fond de sa mélancolie,
déjà résignée
probablement
à traverser l’éther pour s’en aller tourner autour d’une quelconque saturne,
au fond de sa mélancolie
entrevit,
entr’aperçut,
floue tout d’abord,
pâle,
atone,
une idée,
oh tout petite
mais pas si bête que cela :
il faut les noyer,
éteindre, doucher ce méchant Soleil, opposer l’eau à ses flammes,
il faut monter une armée contraire,
faire des prisonniers dans des gouttes d’eau
des animaux perpétuels.

Et elle envoya ses fées,
opalescentes,
diaphanes, transparentes
au-devant du peuple des bois ;
et ces fées exposèrent l’idée de la lune,
et l’on vota,
car l’on est fort démocrate au fond de nos forêts,
et l’on approuva,
et l’on se mit au travail,
et les castors en maître d’œuvre,
l’on érigea un barrage
contre lequel l’Armance,
d’abord interloquée,
vint buter et gonfler.

Elle gonfla, elle gonfla
comme la grenouille envieuse du bœuf,
et elle gonfla
accumulant ses jeunes forces,
ses flots neufs,
contre le mur que l’on dressait ;
et quand l’armée du Soleil vint à se montrer,
vocifératrice, pleine d’une injuste colère,
l’on rompit le barrage,
et l’Armance
se répandit avec force
et culbuta l’ennemi,
trempant la fée Bikini et mouillant le Soleil.

L’armée reflua,
prise de panique.

La fée Bikini et le Soleil,
dégoûtants ,
se regardèrent et se retournèrent
et se virent seuls.

Le soleil rentra lamentablement dans son ciel,
moqué par les étoiles,
et il se cacha,
et cacha sa morgue blessée
derrière des nuages demeurés fidèles.

Quant à la fée Bikini
l’on dit qu’elle se réfugia au Groenland.

L’Armance dorénavant coule son cours gracieux,
et l’on ne pense plus à le contrarier,
et elle salue les écureuils et les castors,
et elle fait des ronds, des rondes,
fille de l’eau et de l’automne.

mardi 10 mars 2009

La plume de soie

Une nouvelle critique toute douce (comme de la soie), due à Morgan, sur son superbe site :)

lundi 9 mars 2009

Sautoirs (hop ! hop !)

Delphine a bien travaillé pendant ses vacances, et elle a créé de bien jolis bijoux (selon moi), très colorés.

En voici quelques-uns, que vous pouvez retrouver dans ma boutique Etsy : Ma Petite Papeterie.

Un sautoir un peu vintage.
Un bracelet tout rose, plein de fées
Une petite broche tout simplinette,
pour fermer un cache-coeur, ou un sac, ou un ras-du-cou...
Une barrette d'enchanteuse
Un autre sautoir, dans l'attente du printemps
Un collier avec une fée triste
Quant à moi, j'ai joué le kéké dans un haut-lieu du tourisme parisien ;)

dimanche 8 mars 2009

Le jardin secret

Un projet d'il y a quelques temps, sur un beau texte, drôle et émouvant, de Michaël Escoffier, en tournée actuellement chez tous les éditeurs :)

C'est l'histoire de M. TicToc, banquier scrupuleux, pour ne pas dire sourcilleux, amateur de trains électriques.

Voici quelques détails et une des quatre doubles que j'ai composées pour ce projet.
Comme vous le voyez, je me suis un peu laissé aller à expérimenter, et j'ai commencé à dessiner au trait, une voie que je poursuis aujourd'hui :)

samedi 7 mars 2009

Les premières critiques

Une première critique de La Plume, à laquelle je suis particulièrement sensible, non pas parce qu'elle est plutôt élogieuse pour notre travail, à Michaël et moi, mais parce qu'elle émane d'une libraire et d'une lectrice (du département voisin qui plus est) :)

Allez faire un tour sur son blog.

Morgan me signale une seconde critique (encore très gentille), sur le blog Des livres et des champs, que je m'empresse d'ajouter :

dimanche 1 mars 2009

Le dimanche on trouve de drôles de chose dans le ciel

De retour de vacances parisiennes, j'ai le plaisir de vous annoncer la sortie officielle de La Plume, disponible dans toutes les librairies :)